Chaque année nous imprègne d’instants festifs et d’évènements mémorables. Et s’il y a bien une période attendue, c’est celle de Noël – la magie, la féérie, les heureuses retrouvailles, les cadeaux par milliers…, tout aspire à un pétillant bonheur, à une lumineuse paix du cœur. L’an passé, le 24 au soir, la vie m’a offert un cadeau inattendu : une hospitalisation imprévue. Sans signes préalables : black-out ! Je me suis effondrée. Habitée d’une paisible sensation cotonneuse, comme le veut la tradition, c’est le lendemain au matin que j’ai découvert, ce qui allait être l’un de mes plus beaux cadeau, l’un de ceux qui ne s’achète pas.
Entrecoupé par les allées et venues du personnel soignant, le poids du silence se faisait ressentir dans l’espace impersonnel et froid. Comment rester muette, demeurer indifférente ?… J’ai passé ma tête derrière le rideau synthétique censé préserver notre intimité – « Vous permettez ?… Le soleil est radieux aujourd’hui ; il serait égoïste de ne pas vous en faire profiter ! » D’un hochement de tête à peine perceptible, le regard absent, Angélique, 94 ans décrocha un infime sourire. J’y ai perçu une étincelle de vie, une lueur d’espoir – être reconnue et considérée. C’est là je crois, que nos palpitants sont entrés en connexion, en communication, au fil du séjour en commUNION. Dans un dialogue, au départ vide de mots, j’ai vu un être fébrile redéployer ses ailes, retrouver une forme de gaité, l’énergie sacrée de se mouvoir, la joie d’adresser du fond du couloir un « Youhou !… Attendez-moi, j’arrive ! » Confiance et confidences accordées, peut-être qu’au fil de nos conversations, Angélique s’était quelque peu délestée du poids de lourdes épreuves passées, qu’enfin elle s’était autorisée à renaître à elle-même, au sacré en elle.
Et bien que le jour de mon départ, l’infirmière en cheffe, m’avait lancé : « Vous ne lui avez pas rendu service et avez oublié que vous n’étiez pas là pour rien », je ressentais quelque chose de juste – deux cœurs, dans un respect mutuel, se sont autorisés à rayonner leurs plus jolies couleurs.
Dès notre premier échange, Angélique et moi, de part nos expériences respectives, en avions parfaitement conscience : la présence physique ne se retient pas. Elle ne riment pas avec « éternellement », mais éternellement imprègne notre cœur. Certaines plus que d’autres, demeurent. « Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. » C’est sur ces mots, non sans pincement, que nos élans de cœur, dignement se sont redirigés vers un ailleurs – une paix intérieure.
POURQUOI VOUS PARTAGER CET EXTRAIT DE VIE ?
Dans le tourbillon quotidien, à l’échelle planétaire, nous humains, avons tendance à l’occulter : Les cadeaux ne sont pas uniquement matériel et distribués lors d’occasions particulières. Ils se présentent chaque jour, à chacun d’entre-nous sous diverses formes. Y compris dans l’inconfortable. Même dans le chaos.
La rencontre inattendue avec Angélique, déposée comme un présent au creux d’une nuit de Noël, nous rappelle que la vie sait offrir ses plus beaux cadeaux quand on cesse de les attendre sous une forme matérielle. Dans cet espace hospitalier, froid, impersonnel, c’est la chaleur d’un regard, la réouverture d’un sourire, la commUNION de deux cœurs qui ont suffi à ranimer une énergie fragile — preuve que la beauté et le sens résident souvent dans la simplicité et la présence.
À l’échelle planétaire, nous vivons une époque chaotique : crises climatiques, fractures sociales, accélération numérique qui nous éloigne parfois des corps, du vivant, du vibrant – autant de facteurs qui diluent notre capacité d’attention et d’empathie. Ce tumulte extérieur rend d’autant plus urgent le besoin de revenir aux fondamentaux : écouter notre propre souffle, reconnaître notre vulnérabilité, tisser un lien respectueux avec l’ensemble du vivant. Ce n’est pas un retour passéiste, mais une radicale nécessité éthique et pratique pour garder un monde sainement habitable et humain.
Revenir aux fondamentaux signifie valoriser les présents quotidiens – un regard, une fleur, un repas partagé, une main tendue, l’écoute de non-dits – comme autant d’actes de résistance face à la déshumanisation. C’est apprendre à offrir à soi-même ce que l’on croit devoir chercher ailleurs : calme, soin, pardon, gratitude, Amour…. En cultivant ces gestes, nous offrons au monde ce qui ne s’achète pas mais transforme, replace sur la juste voie, enracine profondément : la présence, la solidarité, le respect de toutes formes de vie.
Peut-être qu’en ce moment-même vous vivez une période complexe – l’effondrement de l’un ou l’autre, voir de l’ensemble de vos pans de vie. En guise de lueur d’espoir, gardez à l’esprit, gardez en votre coeur cette étincelle de sagesse – Chaque matin, au sortir du lit, Angélique prononçait ces mots à haute voix : « C’est dure, mais MERCI ».
La gratitude, ne manquera pas de vous ouvrir de nouvelles voies.
INVITATION À L’INTROSPECTION
Et vous, quel a été l’un de vos plus beau cadeau ?
Qu’attendez-vous en cette fin d’année ? De qui ?
Quels gestes, quel silence, quel regard pourriez vous offrir aujourd’hui à vous même ou à un autre pour que (re)naisse, simplement, une petite lumière ?
Qu’est ce qui, dans votre quotidien, mérite d’être réhabilité comme « cadeau » véritable ?
Paisible fin d’année à vous Chers Crés-Acteurs, Crées-Actrices.
COEURdialement